Compte rendu de l'audience
Comme vous savez, aujourd'hui s'est tenu l'audience ou comparaissait Nicolas pour manquement délibéré à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi" et "pratique de la pêche maritime dans une zone interdite" au tribunal de Grande Instance de Bordeaux. Mme le Procureur a requis deux ans de prisons avec sursis, mais comme je vais le démontrer ici, ses arguments ne tiennent pas la route.
Les faits retenus contre Nicolas
Il est reproché à Nicolas d'avoir pêché dans la zones des 3 milles nautiques ou le chalutage est interdit après le 30 novembre, mais aussi dans la zone des 0.33 milles interdite et dangereuse, surtout sur cette portion de côte. Il lui est aussi reproché d'avoir navigué avec balise VMS (Vessel Monitoring system ou système de surveillance des bateaux) hors service.
Une bâtarde, ça n'existe pas.
Alors que Nicolas expose sa version des faits, la première réaction de Mme le Procureur est pour le moins inattendue : « une vague scélérate, ça n'existe pas », tentait-elle de le déstabiliser?. Le premier témoin qu'elle appellera, un gendarme spécialiste de la mer, lui expliquera le contraire, lui-même ayant déjà subi ce genre d'évènement dans la région : une vague venue de nulle part et bien plus forte que les autres. Mme le Procureur nous prouvera d'ailleurs tout au long de l'audience que mis à part pour la petite baignade dominicale en été, elle ne connait pas la mer et le monde de la pêche.
La zone de chalutage de la « Paix du Ciel »
Il y a dans cet accusation deux choses bien distincte. D'abord la zone des 3 milles. Elle est en théorie interdite depuis le 30 novembre afin de préserver les poissons. Mais, lors d'une réunion faite la veille du drame au Comité des Pêches d'Arcachon une dérogation a été faites par Mr Baron, représentant M. Didier Baudoin (Le directeur départemental des affaires maritimes de la Gironde) afin d'étendre la période de pêche. Mais cet accord n'était que verbal, après l'accident, M. Baudoin a nié toute dérogation lors de sa déposition, prétextant n'en avoir jamais donné. Heureusement, David, armateur de la « Paix du Ciel » est venu témoigné avec des dérogations signées des Affaires Maritimes, et la déposition de M. Baron confirmera l'autorisation orale.
Ensuite, la zone du tiers de mille par rapport au niveau de la haute mer. Mme le Procureur s'appuie sur des témoignages survenus au minimum 30 minutes après l'accident de gens se trouvant sur la plage (badauds, sapeurs-pompiers, gendarmes...). Évaluer les distances depuis la plage lorsque l'on est au bord de la mer n'est pas simple. Et qui plus un bateau avec presque 3 mètres de tirant d'eau ne peux naviguer 100/150 mètres du bord comme certains témoins le disent. L'accusation s'est aussi basée sur une bouée mise en place par un hélicoptère sur l'épave du chalutier. Une bouée mise en place vers 17h30 qui place l'épave entre 520 et 540 mètres. Sauf qu'entre 14h05 heure du naufrage et 17h30, l'épave n'est pas restée immobile, elle a été emportée par les vagues (même le moteur du bateau se retrouvera in fine sur la plage). Cet élément est donc complètement fantaisiste....
La balise VMS
Mme le procureur a fait part de sa conviction quant à l'arrêt volontaire le la VMS (système de localisation pour les bateaux de pêche) pour que la "Paix du Ciel" puisse pêcher en toute impunité. Mais des marins ont témoignés que ce système n'était pas au point et les dysfonctionnements étaient nombreux... je dis bien n'étais puisque les bateaux sont en ce moment équipés d'un autre système (AIS voir sur Wikipedia)...
Beaucoup de témoignages recueillis auprès des gens de la mer sur le Port sont unanimes, Nicolas était un patron sérieux et prudent. De plus, ils gagnaient bien leurs vies ? Je suis intimement convaincu qu'il n'aurait pas joué sa vie, celle d'Aurel et Jérôme pour quelques bars de plus...
et les secours
Depuis le drame, nous (parties civiles) demandons que lumière soit faites sur l'organisation des secours. Nous pensons que les moyens mis en œuvre pour sauver Aurel et Jérôme n'ont pas été suffisants. D'ailleurs, les marins-pêcheurs demandent depuis des années qu'un hélicoptère soit toujours prêt, ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui. Même si cet élément a été vaguement abordé lors des débats, nous restons sans réponse. Pire encore, Mme le procureur a retourné cet argument contre Nicolas, prétextant qu'il se servait des secours pour se dédouaner. Il n'en est rien, il n'a jamais évoqué cet élément dans sa défense...
!!!La relaxe et c'est tout La décision a été mise en délibéré et sera rendue le 26 mai. Moi je n'attends qu'un chose, qu'on relaxe Nicolas. J'aurais aimé que lors de cette audience, Mr Baudoin explique son témoignage, mais il n'était pas convoqué. Je le redis encore, je reste totalement solidaire avec Nicolas, comme il l'était avec Aurel et Bichon...
Merci pour ce beau compte rendu qui est parfaitement réaliste!!!! puisque moi aussi j'étais la! J'espère que ton récit sera lu par le plus grand nombre et surtout que mon frère sera Relaxé sachant que les éléments à charges on été "démoli" grâce aux témoignages des uns et des autres mettant en évidence que ce qu'il a raconté depuis le tout début est la vérité! et qu'il l'a toujours dit!!!!
Je trouve très bien de ta part d'avoir fait cette démarche! J'espère également qu'il y aura un recours pour que l'assurance du bateau (puisqu'ils étaient salariés) vous indemnise!!!
Encore beaucoup de courage car la journée d'hier à été riche en émotions....